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Institut de coopération pour l'éducation des adultes
 

Déclaration de la Réunion mondiale sur l’éducation : des engagements des États en éducation des adultes

Conférence mondiale éducation UNESCOEn 2015, les États, réunis lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, ont adopté un cadre d’action pour les quinze prochaines années. Ce cadre, intitulé Les Objectifs de développement durable (ODD), se compose de dix-sept grands engagements dont l’un de ceux-ci porte sur l’éducation (ODD 4). Ainsi, en 2015, les États se sont engagés à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». La Réunion mondiale sur l’éducation, qui s’est tenue les 3, 4 et 5 décembre derniers, était un premier rendez-vous international consacré à faire le bilan de la mise en œuvre de cet engagement en éducation.

La déclaration finale de la Réunion mondiale sur l’éducation compte seize articles dont dix réfèrent à l’éducation des adultes ou aux adultes. Cette part importante accordée à l’éducation des adultes, dans un document international s’intéressant à l’ensemble de l’éducation, est un progrès à souligner. Car, par le passé, des conférences internationales portant sur l’ensemble de l’éducation ont souvent marginalisé l’éducation des adultes, pour limiter leur contenu à l’éducation des jeunes.

Qui plus est, dans le domaine de l’éducation des adultes, cette déclaration traite de plusieurs domaines d’apprentissage. Des déclarations antérieures en éducation et même des déclarations en éducation des adultes (ex. : Le cadre d’action de Belém) se limitaient à convenir d’engagements uniquement en alphabétisation. La Déclaration de la Réunion mondiale sur l’éducation contient des engagements en enseignement supérieur et en éducation à la citoyenneté mondiale, en plus d’inclure des engagements en reconnaissance des acquis.


Le droit à l’éducation pour les adultes

Par l’entremise de la Déclaration finale de la Réunion mondiale sur l’éducation, les États réaffirment l’élargissement aux adultes du droit à l’éducation. Dans ce document, il est ainsi entendu que le droit à l’éducation comprend aussi le droit à l’apprentissage tout au long de la vie (article 3). La Déclaration rappelle que la mise en œuvre de ce droit doit se réaliser en conformité avec les principes de non-discrimination, d’égalité entre les sexes et de l’égalité des chances pour tous (article 3).

De manière plus particulière, les États se sont engagés à concrétiser le droit à l’éducation en mettant en place « des législations et des politiques stratégiques » (article 5). Ce faisant, précisent les États, une attention particulière sera accordée à certains groupes de la population, dans la volonté de ne laisser personne de côté: les personnes en situation de vulnérabilité, les personnes en situation de handicap, les populations autochtones, les personnes vivant dans des zones rurales éloignées, les minorités ethniques, les pauvres, les femmes et les filles, les migrants, les réfugiés et les personnes déplacées, que ce soit en raison de conflits ou de catastrophes naturelles (article 5).
De manière fondamentale, les États réaffirment que « l’éducation est un bien public et une responsabilité publique, un droit humain fondamental, la base essentielle sur laquelle repose l’épanouissement personnel et la réalisation d'autres droits essentiels à la paix et au développement durable ». Pour cette raison, déclarent les États, «Il incombe en premier ressort aux gouvernements de permettre l’exercice du droit à l'éducation et de jouer un rôle central en tant que gardiens d’une gestion et d’un financement efficaces, équitables et efficients d’une éducation publique accessible à tous » (article 15).


Alphabétisation

En matière d’alphabétisation, les États ont pris un engagement on ne peut plus clair à l’effet, non pas de réduire l’analphabétisme, mais de l’éliminer. Ainsi, les États réaffirment leur engagement « envers l’élimination de l’analphabétisme » (article 5). Pour atteindre cet objectif, ils recourront autant à l’éducation non formelle qu’à l’éducation formelle (article 5). En outre, les États annoncent vouloir mettre à profit l’alphabétisation numérique ainsi que l’initiation aux médias et à l’information (article 5). La déclaration réitère l’approche posant l’alphabétisation comme un « continuum de niveaux de compétences » à acquérir, « dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie » (article 5).


L’offre d’éducation des adultes

L’un des articles de la Déclaration (article 7) porte sur les implications pour l’éducation des multiples transformations de la société, aux plans social, politique, environnemental, économique et technologique. Dans ce contexte, les États prennent l’engagement « de soutenir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » dans un éventail de domaines d’apprentissage (développement personnel, travail décent, développement durable, citoyenneté active). Pour concrétiser cette perspective, les États s’engagent en faveur « de systèmes d’éducation et de formation ouverts, flexibles et réactifs qui soutiennent le développement d’un plus large éventail de connaissances, de compétences et d’aptitudes, depuis la petite enfance jusqu’à l'âge adulte » (Préambule).


Priorités à certaines populations d’adultes

Parmi les populations les plus vulnérables relativement à l’éducation des adultes, la Déclaration de la Réunion mondiale sur l’éducation comprend des engagements spécifiques concernant les populations migrantes et les femmes.

À propos des populations migrantes, des réfugiés et des personnes déplacées, les États soulignent l’importance de l’éducation pour ces populations et ils appellent à l’inclusion de ces populations dans le système éducatif (article 6). Ce moyen, explique la Déclaration, favorise la connaissance mutuelle des populations et conséquemment peut contribuer à réduire les stéréotypes. Plus particulièrement, les États mettent l’accent sur la reconnaissance des qualifications, des compétences et des aptitudes de ces populations migrantes.

Relativement aux femmes, les États s’engagent à préconiser une éducation et une formation « sensibles au genre », dans l’objectif de « réaliser l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles » (Préambule).


Autres engagements s'étendant à l'éducation des adultes

En complément à des engagements traitant explicitement d’éducation des adultes, la Déclaration finale de la Réunion mondiale sur l’éducation affirme des principes et propose des perspectives en éducation qui s’étendent à l’ensemble du domaine de l’éducation, incluant, l’éducation des adultes. Ces engagements concernent les sujets suivants :

• Renforcement de l’éducation à la citoyenneté mondiale ;
• Rôle de l’enseignement supérieur dans le développement professionnel et technique ;
• Importance des mécanismes régionaux et nationaux de reconnaissances des qualifications à l’enseignement supérieur et professionnel.


Les suites de la Conférence mondiale sur l’éducation

La Réunion mondiale sur l’éducation de décembre 2018 est un événement préparatoire à un Forum politique de haut niveau organisé par les Nations Unies en juillet 2019. Cet événement rendra compte de certains des Objectifs de développement durable dont celui portant sur l’éducation.

Par ailleurs, la Déclaration finale de la Réunion mondiale sur l’éducation constitue une feuille de route exposant des priorités des États dans la mise en œuvre de leur engagement pris en 2015 d’« assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Trois ans après l’adoption de cet engagement, cette Déclaration invite à relancer sa mise en œuvre.

Au Canada, la responsabilité de cette mise en œuvre est partagée entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des provinces et des territoires. Il conviendra donc à tous les paliers de gouvernement de convenir des moyens à mettre en œuvre pour se conformer aux engagements contenus dans la Déclaration finale de la Réunion mondiale sur l’éducation. De manière plus particulière, sur le plan fédéral, l’unité des ODD devra inclure ces récents engagements dans la coordination des actions prises entre tous les acteurs et la compilation des données permettant d’assurer un suivi de l’avancement de leur mise en œuvre.
Du côté des provinces et des territoires, le Conseil des ministres de l’Éducation Canada (CMEC) aura lui aussi à se saisir des engagements de la Réunion mondiale sur l’éducation, pour informer les provinces et les territoires de ces engagements dont la réalisation leur revient souvent, en vertu de leurs responsabilités en éducation.