ICEA

Institut de coopération pour l'éducation des adultes
 

Financement de l’éducation des adultes : situation dramatique pour des organisations en éducation des adultes financées par le gouvernement fédéral

La politique budgétaire du gouvernement fédéral en matière de soutien aux organisations en éducation des adultes a été fortement critiquée ces dernières semaines. Il y a quelques jours, le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) a interpellé Emploi et Développement social Canada concernant son financement. Le RESDAC se trouve dans une situation dramatique, alors qu’il n’a plus de revenus. L’organisme « n’a plus de locaux ni d’employés », titre un communiqué de presse publié le 7 novembre dernier. Devant ces décisions d’Emploi et Développement social Canada, le président du RESDAC, Donald Desroches considère que ce ministère fédéral « n’appuie plus le développement de l’alphabétisme ». La situation de grande précarité financière du RESDAC est d’autant plus grave que l’organisation est le seul organisme national œuvrant à la promotion de l’alphabétisation en français pour les communautés francophones en contexte minoritaire.

Au début du mois de septembre, des regroupements provinciaux en alphabétisation des provinces maritimes ont fait connaître la disparition de leur financement, en provenance du gouvernement fédéral. Cette situation les force à contempler la fermeture. Il y a quelques années (juin 2014), le Centre de documentation en éducation des adultes et en condition féminine (CDEACF) a lui aussi fait face à la disparition d’une aide financière provenant du gouvernement fédéral, tout comme d’autres organisations. Alors que le CDEACF est sorti fragilisé de cette abolition de l’aide financière fédérale, d’autres organisations ont tout simplement fermé leur porte. C’est le cas de Center for literacy et de Copian, l’ancienne Base de données en alphabétisation des adultes.

Tant le RESDAC que les réseaux provinciaux des maritimes ont rappelé au parti au pouvoir ses engagements électoraux en matière de financement de l’alphabétisation. Ainsi, dans une communication adressée à un réseau d’organisations et de chercheurs, dont l'ICÉA faisait partie, lors de la dernière campagne électorale fédérale qui l’a porté au pouvoir, le Parti libéral du Canada faisait valoir qu’il comprenait « […] le rôle fondamental que jouent les organismes de bienfaisance et à but non lucratif à la fois dans l’élaboration des politiques et la prestation de programmes à l’intention des Canadiennes et des Canadiens » et qu’il s’est engagé « […] à renouveler le partenariat du gouvernement fédéral avec la société civile ». Un gouvernement libéral, affirmait-il, « collaborera également avec les organismes non gouvernementaux, et notamment avec les prestataires de services d’éducation pour adultes et les chercheurs, pour trouver des moyens plus efficaces d’assurer le financement du travail important qu’ils accomplissent. Notre parti comprend que nous devons améliorer les mécanismes d’attribution du financement pour appuyer les organismes à but non lucratif, à la fois pour rendre des comptes et pour fournir un financement adéquat, prévisible et stable. »

L’ampleur des défis en matière d’alphabétisation n’est plus à démontrer. De même que la nécessité d’un engagement gouvernemental pour relever ce défi. L’abandon du financement d'organisations et de réseaux en alphabétisation, à l’échelle du Canada ou des provinces, a pour conséquence directe de démanteler une infrastructure nécessaire en alphabétisation. Alors que de grands réseaux et de grandes organisations disparaissent et que d’autres doivent envisager leur fermeture, l’effet de la disparition du financement fédéral en alphabétisation est plus que dramatique; elle devient irresponsable.