ICEA

Institut de coopération pour l'éducation des adultes
 

L’Université populaire d’été (UPÉ 2013) : une inspiration pour celles et ceux qui œuvrent en éducation populaire

Talk-show sur la résistance de l'Université populaire de la COCAFL’Université populaire d’été de la Coalition des organismes communautaires autonomes de formation (COCAF) a eu lieu du 27 au 30 août dernier sous le thème « De la militance individuelle à la mobilisation sociale ». Une quarantaine de personnes ont participé à l’activité, dont deux de l’ICÉA. Elles provenaient d’une quinzaine d’organismes communautaires qui œuvrent dans une dizaine de régions urbaines et rurales. Dans un contexte de travail collectif, des travailleuses et des travailleurs voués à la réalisation de la mission sociale de leur organisme font face à diverses réalités. Nous en présenterons brièvement trois, soit la discussion démocratique, l’expression de la diversité des points de vue et le piège du consensuel.

La thématique n’est pas sans rappeler les questions brûlantes de conciliation travail-famille-études dans les organismes communautaires de défenses de droit, d’éducation et d’action populaire autonome. C’est en tenant compte de cette réalité que l’accompagnement des débats fut assuré conjointement par le Centre de formation populaire (CFP), la Coalition des organismes communautaires autonomes de formation (COCAF), le Centre de formation communautaire (CFC) de la Mauricie et le The Centre for Community Organizations (COco). Dans un contexte de travail collectif, des travailleuses et des travailleurs voués à la réalisation de la mission sociale de leur organisme font face à diverses réalités. Nous en présenterons brièvement trois, soit la discussion démocratique, l’expression de la diversité des points de vue et le piège du consensuel.

La discussion démocratique

Le passage de la militance individuelle à l’action collective ne peut se faire qu’à certaines conditions, dont l’une, essentielle, porte sur le fonctionnement de l’équipe de travail. Il semble que le partage des différents rôles (facilitateur, cadenceur, pousse-décision et méta) permet une plus grande efficacité et assure une discussion démocratique. De plus, cette manière de mener une discussion démocratique garantit l’atteinte des objectifs de la réunion  dans le respect de la militance des personnes et dans le respect de l’appartenance à la mission. Cette façon de fonctionner en équipe rappelle les caractéristiques traditionnelles de l’animation de groupe qui sont souvent exercées par  une seule personne qui anime, contrôle le temps, formule la pensée des personnes participantes et protège le climat de travail contre les intempéries soulevées par les émotions de ses membres. C’est beaucoup pour une seule personne et trop peu pour les membres du collectif de travail.

L’expression de la diversité des points de vue

L’universel, c’est le local sans frontière. L’UPÉ contribue d’une manière exceptionnelle à faire comprendre que les barrières, les clôtures, les clochers sont des obstacles majeurs à la transformation sociale. Défendre le droit au logement, travailler à l’accueil des personnes immigrantes, lutter avec les personnes de son quartier pour une vie décente, permettre à la culture autochtone de prendre place dans notre vie sociale, mener des campagnes de valorisation de l’apprentissage à l’âge adulte, etc. sont le constitutif de la réalité sociale qui nous unit contre la fragmentation produite par  l’économique néolibérale. L’UPÉ 2013 doit être remerciée pour cette importante contribution à rapprocher les militants et militantes sociaux et leur donner le goût de la convergence des luttes pour une meilleure vie en société.

Les écueils du consensuel

Enfin, en référence à « Nos compétences fortes », il y a une leçon que nous pouvons tirer de cette rencontre de trois jours dans ce magnifique lieu qu’est le Camp familial Saint-Urbain : éviter le piège du consensuel.

Pour des raisons mystérieuses, les organismes communautaires autonomes sont souvent confrontés à deux obstacles soulevés par le consensus.  La première que nous pourrions décrire comme la tentation de mettre entre parenthèses ses valeurs pour s’ajuster au désir d’être conforme au partenaire financier. La seconde, se doter d’une pureté et d’une orthodoxie tellement intègres que la moindre contradiction nous empêche d’agir. Les militants de l’UPÉ ont compris, il nous semble, que l’opposition d’où qu’elle vienne et sous quelque forme que ce soit, ne doit pas paralyser notre travail pour la transformation de la société.

En terminant, l’Université populaire d’été a permis à une quarantaine de personnes de se parler franchement de leur engagement personnel dans la société et d’amorcer une formulation commune de leur vision de la transformation sociale. Une prochaine étape : la convergence des luttes locales pour attendre un meilleur partage du bien commun. C’est le souhait formulé lors de l’évaluation de l’UPÉ 2013.