ICEA

Institut de coopération pour l'éducation des adultes

Un portrait éducatif des populations marginalisées

Populations marginaliséesDes inégalités éducatives plus marquées

Le site des indicateurs de l'ICÉA s’est enrichi de nombreux indicateurs en 2019. Ils présentent un portrait des inégalités éducatives qui affectent les adultes membres des populations marginalisées du Québec. Ces indicateurs dressent les différents portraits éducatifs des personnes vivant avec une incapacité, des Autochtones, des personnes immigrantes, des personnes sans diplôme et des familles monoparentales. Les données de ces indicateurs ont par ailleurs été ventilées selon le sexe des personnes afin d’apporter plus de profondeur aux portraits dressés.

Les personnes vivant avec une incapacité

Les indicateurs de l'ICÉA révèlent que les personnes vivant avec une incapacité sont toujours confrontées à des inégalités éducatives susceptibles de limiter leur participation à la vie citoyenne, leur inclusion sur marché du travail et bien d’autres facettes de leur quotidien. Globalement, ces personnes sont moins scolarisées, moins en emploi et plus en chômage tandis qu’elles affichent des revenus personnels plus faibles que les personnes sans incapacité. 

Ces facteurs contribuent assurément à la précarisation de la situation des personnes vivant avec une incapacité. Cela dit, il est possible de soutenir que « plus le niveau de scolarité des personnes avec incapacité est élevé, plus elles occupent un emploi et moins elles sont inactives » (Brossard, 2020). À ce titre, l’éducation et la scolarisation apparaissent être des leviers permettant d’améliorer la participation sociale des personnes vivant avec un handicap.

Scolarité

En ce qui concerne leur scolarité, les personnes vivant avec une incapacité de 15 ans et plus sont proportionnellement plus nombreuses que les personnes sans incapacité à ne pas avoir de diplôme, quel que soit leur âge ou leur sexe. Les personnes vivant avec une incapacité sont moins proportionnellement nombreuses à avoir des diplômes d’études postsecondaires.

Chez les personnes sans diplôme, les femmes vivant avec une incapacité sont deux fois plus nombreuses que les femmes sans incapacité. Le taux de personnes sans diplôme est par ailleurs 1,5 fois plus élevé chez les hommes avec incapacité, comparativement aux hommes sans incapacité. Finalement, la probabilité de ne pas avoir de diplôme est plus grande selon certains types d’incapacité : plus des 40 % des personnes ayant des incapacités liées à l’apprentissage, la vision, la dextérité et la mémoire n’ont pas de diplôme.

Emploi, activité et chômage

De manière générale, les personnes de 15 à 64 ans vivant avec une incapacité sont moins actives sur le marché du travail : elles affichent des taux d’emploi plus faibles et des taux d’inactivité plus élevés.

Le taux d’emploi des personnes sans incapacité est en moyenne 1,8 fois plus élevé que celui des personnes avec incapacité : moins de 40 % des personnes avec incapacité sont en emploi, contre plus de 70 % des personnes sans incapacité. Ce faible taux d’emploi glisse à 21 % chez les personnes avec incapacité qui n’ont pas de diplôme, alors qu’il est de 50 % pour les personnes sans incapacité qui n’ont pas de diplôme.

Par ailleurs, les femmes et les hommes avec incapacité de 15 à 64 ans affichent un taux d’inactivité moyen de 55 % : ce taux des 3 fois plus élevé que celui des hommes sans incapacité et 2 fois plus élevé que celui des femmes sans incapacité. Ce taux d’inactivité atteint 75 % chez les personnes avec incapacité sans diplôme, comparativement à 41 % d’inactivité pour les personnes sans incapacité qui n’ont pas de diplôme.

Revenu

Au sein de la population âgée de 15 ans et plus, les personnes vivant avec une incapacité sont nettement moins nombreuses à bénéficier de revenus personnels supérieurs à 30 000 $. Plus de 70 % des personnes de 15 ans et plus avec une incapacité ont un revenu personnel de 29 999 $ ou moins, comparativement à 52 % des personnes sans incapacité. La situation des femmes de 15 ans et plus avec incapacité est particulièrement inquiétante : 80 % d’entre elles ont un revenu personnel de 29 999 $ ou moins.

Qui plus est, deux enquêtes menées au cours des dernières années, l’Enquête canadienne sur le revenu de 2013 (ECR) et l’Enquête longitudinale et internationale des adultes de 2014 (ELIA), montrent qu’environ le quart des personnes vivant avec une incapacité se retrouve en situation de faible revenu (comparativement à environ 9 % des personnes sans incapacité).

Les Autochtones

Comme le soulignait Louise Brossard dans la publication en ligne Apprendre + Agir, les réalités sociales et éducatives des Autochtones sont toujours méconnues. « Les données concernant les peuples autochtones sont depuis longtemps insuffisantes, soutient la chercheuse de l'ICÉA. Il est difficile d’obtenir des informations sur les réalités qui prévalent en communauté. (Brossard, 2019) ». Par ailleurs, en ce qui concerne les Autochtones vivant hors d’une communauté, il s’avère que « les échantillons sont souvent petits de sorte que le portrait qui en est tiré reste parcellaire » (Brossard, 2019). 

Le portrait éducatif qu’il est possible de tirer des indicateurs de l'ICÉA n’échappe pas à ces constats. Cela dit, force est d’admettre qu’on retrouve chez les Autochtones de fortes proportions de personnes sans diplôme ou de personnes ayant de faibles compétences en litératie et en numératie. Combiné à cela, les Autochtones affichent de plus faibles taux d’emploi et de plus forts taux de chômage que les non-Autochtones. En soi, ces éléments contribuent à la marginalisation des membres des populations autochtones concernées. Un élément encourageant est cependant à noter : les Autochtones de 25 à 64 ans semblent bénéficier davantage des effets d’une forte scolarisation que les non-Autochtones du même groupe d’âge. En effet, le revenu après impôt médian des Autochtones qui ont des diplômes postsecondaires (universitaire ou non) est généralement plus élevé que celui des non-Autochtones ayant une scolarité comparable.

Scolarité des Autochtones

Au Québec, le profil éducatif des Autochtones est bien différent de celui des non-Autochtones. Les écarts entre les adultes 25 à 64 ans les plus scolarisés et les moins scolarisés, par exemple, sont diamétralement opposés selon l’identité : chez les adultes sans diplôme, on retrouve 27 % d’Autochtones contre 11 % de non-Autochtones, tandis que chez les adultes ayant un diplôme universitaire, on retrouve 11 % d’Autochtones contre 26 % de non-Autochtones.

Ces écarts sont cependant moins importants aux niveaux intermédiaires de scolarité. Les Autochtones de 25 à 64 ans des deux sexes sont proportionnellement plus nombreux à détenir un diplôme d’apprenti ou d’une école de métier : 25 % d’Autochtones de 25 à 64 ans contre 20 % de non-Autochtones du même groupe d’âge.

Au sein de la population autochtone de 25 à 64 ans, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à avoir un diplôme universitaire (13,5 % de femmes contre 8 % d’hommes) ou un diplôme postsecondaire non universitaire (20 % de femmes contre 14 % d’hommes). Cependant, ces tendances ne se traduisent pas par des revenus plus élevés que ceux des hommes.

Il importe également de souligner que 53 % des Autochtones de 15 à 24 ans et 27 % des Autochtones de 25 à 64 ans du Québec n’avaient aucun diplôme en 2016. Ces proportions sont nettement supérieures aux proportions de personnes sans diplôme observées chez les non-Autochtones en 2016 : 32,5 %, chez les 15 à 24 ans et 11 %, chez les 25 à 64 ans.

Le profil éducatif dressé ici laisse croire à la présence de plus faibles niveaux de compétences en littératie et numératie chez les Autochtones. Même s’ils se fondent sur un petit échantillon de personnes autochtones, les résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences (PEICA, 2012) tendent à démontrer que les Autochtones du Québec sont proportionnellement plus nombreux que les non-Autochtones à se classer sous le niveau 3 de littératie et de numératie. 

L’une des causes de ces résultats pourrait être des difficultés liées à la maîtrise du français ou de l’anglais des Autochtones qui ont participé à l’enquête du PEICA (2012). 

Emploi et chômage

De manière générale, les Autochtones affichent des taux d’emploi plus faibles et des taux de chômage plus élevés que les non-Autochtones. Les Autochtones ayant un diplôme universitaire constituent cependant une exception : en matière d’emploi et de chômage, ils sont à égalité avec les non-Autochtones.

Par ailleurs, des écarts apparaissent entre les taux d’emploi de chômage des Autochtones selon le lieu de résidence : pour tous les niveaux de scolarité à l’exception du diplôme universitaire, les Autochtones qui résident hors communauté affichent des taux d’emploi plus élevés et des taux de chômage plus faibles que les Autochtones en communauté.

De manière générale, les femmes autochtones de 25 à 64 ans affichent des taux de chômage supérieurs à ceux observés chez les femmes non-autochtones de 25 à 64 ans, mais inférieurs à ceux des hommes autochtones du même groupe d’âge. Pour leur part, les hommes autochtones de 25 à 64 ans ayant un diplôme inférieur au niveau universitaire affichent des taux de chômage qui sont en moyenne 1,9 fois plus élevée que ceux des hommes non autochtones du même groupe d’âge ayant un niveau de scolarité comparable.

Revenu

Contrairement aux membres d’autres groupes de personnes marginalisées , les Autochtones de 25 à 64 ans apparaissent bénéficier des effets d’une forte scolarisation1. En effet, le revenu après impôt médian des Autochtones de 25 à 64 ans ayant un diplôme universitaire est comparable (quoique légèrement plus élevé) à celui des non-Autochtones chez les personnes (48 981 $, contre 48 354 $). Quant aux Autochtones de 25 à 64 ans ayant un diplôme postsecondaire non universitaire, leur revenu après impôt médian est supérieur à celui des non-Autochtones du même groupe d’âge (39 104 $, contre 38 310 $).

Cela dit, le revenu après impôt médian des Autochtones ayant une scolarité équivalente ou inférieure au diplôme d’apprenti ou d’une école de métier demeure moins élevé que celui des non-Autochtones ayant une scolarité comparable.

De manière générale, les hommes autochtones de 25 à 64 ans ont un revenu après impôt médian plus élevé que les femmes autochtones et non autochtones du même groupe d’âge, quel que soit leur niveau de scolarité.

Un écart de plus de 2500 $ sépare les revenus des hommes et des femmes autochtones de 25 à 64 ans sans diplôme : le revenu après impôt médian des hommes autochtones est de 21 791 $, comparativement à 19 256 $ pour les femmes autochtones. 

Le recensement de 2016 permet d’établir que plus de 22 % des Autochtones sont en situation de faible revenu alors que c’est le cas d’environ 15 % des non-Autochtones. Les fréquences de faible revenu les plus élevées sont observées chez les adultes de 65 ans et plus (18,8 % chez les non-Autochtones et 25,5 % chez les Autochtones). Tandis que les écarts les plus marqués entre les femmes et les hommes sont observés chez les 18 à 24 ans et chez les 65 ans et plus. Il est même possible de soutenir que les femmes de ces deux groupes d’âge apparaissent être plus susceptibles de se retrouver en situation de faible revenu.

Les personnes sans diplôme

Les adultes de 18 à 65 ans sans diplôme représentaient 14 % de la population québécoise en 2012. Cette population se compose de 86,7 % de personnes nées au Canada et d’une majorité d’hommes (55,3 %). La moitié de ces personnes sont en emploi (50,6 %) et résident dans de grands centres urbains (49,8 %). Par ailleurs, les pères et mères d’un grand nombre d’adultes sans diplôme (62,2 %) étaient également sans diplôme (Profil des adultes sans diplôme). 

Afin d’établir un portrait éducatif des adultes sans diplôme, l'ICÉA propose des indicateurs liés aux compétences en littératie et en numératie de ces adultes, à leur situation d’emploi (et de chômage), à leurs revenus, à la pratique de diverses activités (lecture, écriture, mathématiques et informatique) ainsi qu’à leur propension à participer (ou non) à des activités de formation.

Littératie et numératie

En 2012, la grande majorité (90 %) des adultes de 18 à 65 ans sans diplôme d’études secondaires (DES) se classent au niveau 2 ou moins de littératie et de numératie. Plus précisément, les scores moyens en littératie et en numératie de ces adultes sans diplôme ne dépassent pas le niveau 1 de l’échelle du PEICA (2012). Cela signifie que, en raison de leurs faibles compétences en littératie, près de neuf adultes sans diplôme sur dix seront susceptibles de se retrouver en situation d’analphabétisme au cours de leur vie (ICÉA, 2018). 

Emploi et chômage

En matière d’emploi et de chômage, les données disponibles permettent d’établir le profil des adultes de 25 ans et plus qui n’ont pas de diplôme. Ceux-ci affichent des taux d’emploi inférieurs ainsi que des taux de chômage supérieurs à ceux des adultes ayant un diplôme :

  • à peine 30 % des femmes ayant fait des études secondaires partielles et moins de 10 % des femmes ayant un secondaire 2 ou moins sont en emploi; et
  • à peine 50 % des hommes ayant fait des études secondaires partielles (secondaire 5 non complété) et 25 % des hommes ayant un secondaire 2 ou moins sont en emploi.

De manière générale, les taux de chômage des hommes et des femmes diminuent en fonction du plus haut niveau de scolarité atteint. Cela dit, les taux de chômage des femmes sont systématiquement moins élevés (en moyenne 2 %) que ceux des hommes, quel que soit le niveau de scolarité atteint.

Les taux de chômage les plus élevés sont observés chez les adultes ayant un secondaire 2 ou moins. À ce titre, les femmes ayant un secondaire 2 ou moins (11,6 %) sont deux fois plus susceptibles d’être en chômage que les femmes ayant fait des études secondaires (5,4 %). Quant aux hommes ayant un secondaire 2 ou moins (13,1 %), ils sont 1,7 fois plus susceptibles d’être en chômage que les hommes ayant fait des études secondaires (7,3 %). 

Revenu

En ce qui concerne les revenus d’emploi, les données disponibles permettent d’établir le profil des adultes de 25 à 64 ans sans diplôme. Les revenus de ces adultes sont significativement moins élevés que ceux des adultes ayant un diplôme. Les hommes ayant un diplôme d’études secondaires gagnent en moyenne 6300 $ de plus que ceux qui n’en ont pas. Alors que les femmes ayant un diplôme d’études secondaires gagnent en moyenne 7400 $ de plus que celles qui n’en ont pas.

On observe par ailleurs que les revenus d’emploi des femmes sont systématiquement moins élevés que ceux des hommes, quel que soit leur niveau de scolarité. Selon les données disponibles pour l’année 2016, le revenu d’emploi médian des femmes est en moyenne de 10 000 $ inférieur à celui des hommes.

Activités liées à la lecture, l’écriture, les mathématiques et l’informatique

Les résultats du PEICA (2012) permettent d’établir que les adultes de 18 à 65 ans sans diplôme sont moins susceptibles que leurs homologues ayant un diplôme de pratiquer des activités de lecture et d’écriture en dehors du travail, des activités de mathématiques au travail ou encore d’utiliser l’ordinateur ou Internet au travail. Les indices relevés par le PEICA (2012) montrent que ces pratiques sont limitées chez au moins 65 % des adultes de 18 à 65 ans sans diplôme. Comparativement, ces pratiques sont plus courantes chez au moins 60 % des adultes de 18 à 65 ans ayant un diplôme.

Les adultes sans diplôme apparaissent être nettement plus susceptibles que leurs homologues avec diplôme de ne pas mettre en œuvre de pratiques de lecture ou d’écriture : 

  • 3,5 fois plus susceptibles de ne jamais lire de lettre, de note ou de courriel (28 % d’adultes sans diplôme comparativement à 8 % d’adultes ayant un diplôme);
  • 3,5 fois plus susceptibles de ne jamais lire de compte, de facture ou de relevé bancaire (16 % d’adultes sans diplôme comparativement à 4,6 % d’adultes ayant un diplôme);
  • 3 fois plus susceptibles de ne jamais écrire de lettre, de note ou de courriel (40 % d’adultes sans diplôme comparativement à 13 % d’adultes ayant un diplôme); et 
  • 1,5 fois plus susceptibles de ne jamais remplir de formulaire (58,7 % d’adultes sans diplôme comparativement à 37 % d’adultes ayant un diplôme).

Participation à la formation

De manière générale, les adultes de 18 à 65 ans sans diplôme affichent des taux de participation à la formation plus faibles que leurs homologues avec diplôme. Chez les adultes ayant un diplôme, la participation à la formation formelle est deux fois plus élevée que chez les adultes sans diplôme (14,9 % contre 7,9 %). De même, alors que 50 % des adultes ayant un diplôme avaient participé à une activité de formation non formelle en 2012 (tous types confondus), c’était le cas de 20 % des adultes sans diplôme.

Les familles monoparentales

Les données disponibles sur les familles monoparentales permettent d’établir que leur nombre a augmenté au cours des dernières années au Québec, qu’on y retrouve toujours majoritairement des femmes et que ces parents sont plus susceptibles de ne pas avoir de diplôme que l’ensemble des parents du Québec ou encore de bénéficier d’un revenu inférieur à celui des familles comptant un couple avec enfants. 

La situation de ces parents, et tout particulièrement celle des femmes, est préoccupante. Cela, même si des améliorations sont survenues au cours des dernières années, notamment en ce qui concerne leurs revenus.

Profil

Le nombre de familles monoparentales a augmenté de plus de 11 % au Québec entre 2001 et 2016, passant de 335 590 à 379 460 familles monoparentales. Parallèlement à cette augmentation, le nombre de familles avec couples et enfants a diminué de 2,7 % au cours de la même période, passant de 932 225 à 907 835 familles biparentales.

En 2016, 29,5 % des familles avec enfants du Québec étaient monoparentales (22,1 % de parents féminin et 7,3 % de parents masculin), contre 70,5 % de familles biparentales. Comparativement, le Québec comptait en 2001 26,5 % de familles monoparentales (22,1 % de parents féminin et 5,4 % de parents masculin), contre 73,5 % de familles biparentales. 

Les données concernant le sexe du chef de famille monoparentale permettent d’établir que 75 % des familles monoparentales en 2016 étaient dirigées par une femme, contre 25 % par un homme.
Comparativement, le Québec comptait 79,7 % de familles monoparentales dirigées par une femme en 2001 et 20,3 % par un homme.

Ces données permettent également d’établir que le nombre de familles monoparentales dirigées par une femme a augmenté de 6 % entre 2001 et 2016, tandis que le nombre de familles monoparentales dirigées par un homme a augmenté de 28,8 % au cours de la même période. Cela dit, le nombre de femmes chefs de familles monoparentales demeure largement supérieur à celui des hommes dans la même situation.

Scolarité

Quel que soit leur âge ou leur sexe, les parents monoparentaux sont plus susceptibles de ne pas avoir de diplôme comparativement à l’ensemble des parents du Québec. Ce constat est particulièrement visible chez les parents monoparentaux de 15 à 24 ans : en moyenne 48 % d’entre eux n'avaient pas de diplôme en 2016.

Chez les femmes monoparentales de 15 à 24 ans, on observe que le taux d’obtention du DES (28,6 %) est moins élevé que celui de l’ensemble des mères de 15 à 24 ans (31,5 %). Les parents monoparentaux de 25 à 54 ans affichent pour leur part des taux d’obtention du DES supérieurs à l’ensemble des parents du Québec du même groupe d’âge.

Les parents monoparentaux de tous les groupes d’âge (femmes et hommes) apparaissent plus susceptibles d’avoir un diplôme d’apprenti ou d’une école de métiers que l’ensemble des parents du Québec. Cette tendance est plus marquée pour les mères monoparentales de 15 à 24 ans.

Les parents monoparentaux qui ont entre 15 et 24 ans (femmes et hommes) sont, pour leur part, moins susceptibles d’avoir un diplôme d’un collège, d’un cégep ou d’un établissement non universitaire que l’ensemble des parents du Québec du même groupe d’âge.

Finalement, les parents monoparentaux apparaissent moins susceptibles d’avoir un diplôme universitaire que l’ensemble des parents du Québec (femmes et hommes des deux groupes d’âge).

Revenu

Globalement, le revenu des familles monoparentales ayant des enfants de 0 à 17 ans est inférieur à celui des familles comptant un couple avec enfants de 0 à 17 ans. En 2016, le revenu médian après impôt des mères monoparentales ayant des enfants de 0 à 17 ans était de 41 845 $, soit 12,5 % de moins que celui des pères monoparentaux avec enfants de 0 à 17 ans (47 069 $) et plus de 48 % de moins que celui d’un couple avec enfants du même âge. 

Les familles monoparentales sont par ailleurs plus susceptibles de se retrouver en situation de faible revenu. Le recensement de 2016 permet en effet d’établir que le tiers (32,9 %) des familles monoparentales avec des enfants de 0 à 17 ans sont en situation de faible revenu, contre seulement 8 % des familles comptant un couple avec des enfants de 0 à 17 ans.

1. Les données concernant le revenu des personnes vivant avec une incapacité et des personnes immigrantes qui ont un diplôme universitaire ou postsecondaire non universitaire montrent que ces personnes sont moins susceptibles de jouir des bénéfices liés à une forte scolarisation.

Références

ICÉA (2018). Lutte à l’analphabétisme, Circonscrire le problème et trouver des solutions, avis à M. Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie d’alphabétisation, Institut de coopération pour l’éducation des adultes. [En ligne] https://icea.qc.ca/site/sites/icea.qc.ca/files/politiques-alpha_analyse-...
Brossard (2020). « Pour une formation des adultes accessible aux personnes en situation de handicap », Apprendre + Agir, publication en ligne de l'ICÉA, 10 janvier 2020. [En ligne] https://icea-apprendreagir.ca/pour-une-formation-des-adultes-accessible-... (Consulté le 10 février 2020.)
Brossard (2019). « Les peuples autochtones : des réalités méconnues à tout point de vue », Apprendre + Agir, publication en ligne de l'ICÉA, 15 janvier 2019. [En ligne] https://icea-apprendreagir.ca/les-peuples-autochtones-des-realites-mecon... (Consulté le 10 février 2020.)